Comme chaque année, le "Sunshine swing" a apporté son lot de spectacle, de surprises et de belles histoires. Si Jakub Mensik a ouvert son compteur, Aryna Sabalenka s'est sentie comme à la maison.
ATP / WTA : Du rêve à la réalité
Après dix jours de compétition, les trophées ont été remis à deux nouveaux champions en Floride.

Dans les pas de son idole
"Je le regardais quand j’étais petit et c’est grâce à lui que j’ai débuté le tennis". C’est devant la télévision que Jakub Mensik a découvert et commencé à admirer Novak Djokovic. En suivant l’exemple de son idole de jeunesse, il a ensuite fait à son tour ses premiers pas sur le circuit, remporté ses premiers matchs et affronté ceux qu’il n’aurait jamais imaginé rencontrer un jour. Grâce à ce travail acharné, sa trajectoire l’a mené à réaliser l’un de ses rêves. Ce dimanche, après environ 6h de retard par rapport à l’heure prévue à cause d’une météo capricieuse, le Tchèque a battu celui qui l’a tant émerveillé (7/6(4), 7/6(4)), s’adjugeant dans le même temps le premier titre de sa carrière. "C’est incroyable d’avoir l’opportunité de jouer contre lui, a déclaré le nouveau champion de Miami, après la rencontre. Et le battre en finale d’un tournoi… Ce n’était qu’un rêve jusqu’à présent pour moi d’atteindre ce niveau, encore plus en Masters 1000 !"
Et si le retard pris sur l’heure de début de rencontre aurait pu en perturber certains, les deux protagonistes de la finale du deuxième Masters 1000 de la saison n’ont pas chancelé. Novak Djokovic a eu le temps de cogiter sur la prouesse qu’il était en passe de réaliser tandis que Jakub Mensik a pu mesurer la grandeur du fait d’armes qui se profilait devant lui. Ce dimanche, ce dernier a pu une nouvelle fois admirer toute la panoplie, l’expérience et le talent du sextuple champion à Miami depuis l’autre côté du filet. Avec une seule opportunité de break à sauver et 77% de points gagnés derrière ses premières balles pendant les deux heures d’un intense combat, le joueur de 19 ans a remporté un duel épique et inoubliable face au joueur qu’il admire tant. "Ça représente beaucoup pour moi, c’est évident, a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse d’après-match. Les émotions viendront certainement un peu plus tard, mais je commence à réaliser ce qu’il vient de se passer, c’était vraiment deux semaines incroyables. Mon jeu n’a fait que s’améliorer, gagner ce soir en deux tie-breaks, c’est quelque chose de complètement fou". Une prestation qui lui permet également de devenir le deuxième joueur de l’histoire classé en dehors du Top 50 à battre "Nole" (après Stan Wawrinka, 69e en 2006).
Une surprise, vraiment ?
Pourtant, lors de cette aventure à Miami le jeune pensionnaire de la dernière édition de la NextGen n’a fait qu’assumer son rang. Finaliste de l’Open d’Australie juniors en 2022 contre Bruno Kuzuhara, il a commencé à briller sur la scène internationale en atteignant le troisième tour de l’US Open l’année suivante, à 17 ans seulement. En janvier dernier, c’est en venant à bout de Casper Ruud, tête de série n°6, à l’Open d’Australie qu’il avait fait la une de Roland-Garros.com, aux côtés de Joao Fonseca et Learner Tien, autres jeunes phénomènes aussi prometteurs que brillants. Il était grand temps pour lui de décrocher un premier titre sur le circuit, et pas des moindres ! Le voici à présent sur la liste des plus jeunes joueurs titrés en Floride, juste derrière Carlos Alcaraz, qui avait 18 ans en 2022.
Pour soulever ce trophée de cristal, il s’est même défait de deux membres du Top 10 en route vers la deuxième finale de sa carrière, Jack Draper (7e) – récent champion à Indian Wells – et Taylor Fritz (4e) – finaliste de l’US Open 2024. Une prestation qui lui permet d’atteindre son meilleur classement : objectif accompli. "J’aimerais atteindre le top 30, ça me semble être un bon objectif. L’an dernier, c’était le Top 200 puis le Top 80. J’ai atteint le Top 50, mais c’est forcément de plus en plus dur de grimper", avait-il récemment déclaré dans une interview à l’ATP. Après ce bond de 30 places, le voici 24e : il est le deuxième Tchèque le mieux classé derrière Tomas Machac (21e). Finalement, quand on énumère les faits, son sacre vous semble-t-il toujours aussi étonnant ?
Pas (encore) de 100e pour le Djoker
Lui, était en route pour écrire un peu plus l’histoire. L’histoire d’un sport qui comprend déjà son nom un nombre incalculable de fois. En plus d’être le joueur le plus titré de tous les temps en Grand Chelem (24), Novak Djokovic visait encore plus haut ce dimanche : un 100e titre en carrière – une performance uniquement réalisée par Jimmy Connors (109) et Roger Federer (103). Le Serbe devra encore attendre.
Humble aussi dans la défaite, il a su rendre hommage à son adversaire : "Je ne suis jamais heureux de perdre, mais il est l’un des rares joueurs contre lesquels je peux être un peu moins malheureux si je perds, a-t-il confessé après cette finale d’exception. Je l’ai vu jouer quand il avait 15 ou 16 ans. Il s’est entraîné dans mon club, à Belgrade et je suis vraiment ravi de voir son évolution et sa progression, c’est incroyable. Il peut encore s’améliorer, mais je suis sûr qu’on va encore le voir longtemps sur le circuit".
Pour le moment en tout cas, Novak Djokovic reste le recordman de victoires dans cette catégorie de tournoi avec 40 succès, dont six à Miami. Reste à voir à présent ce que l’avenir lui (et nous) réserve.
La reine du dur est de retour
S’il s’agit de sa surface préférée, Aryna Sabalenka excelle tout particulièrement lorsqu’elle foule les courts américains. La n°1 mondiale l’a encore prouvé ce dimanche en venant à bout de Jessica Pegula (7/5, 6/2). Elle a ainsi remporté trois des quatre derniers titres sur dur aux USA - Cincinnati 2024, US Open 2024 et Miami 2024 – s’inclinant seulement à Indian Wells il y a quelques jours.
Après une entrée en matière compliquée, une fébrilité des deux côtés et un nombre de services concédés surprenants, le break à 6-5 a permis à "Saba" de trouver la solution. En servant à 5-5, elle a ensuite gagné les neuf points suivants. Jeu, set et 40 minutes plus tard, match ! À Miami, elle n’avait jamais dépassé les quarts de finale – atteints à deux reprises, en 2021 et 2023 – la voici récompensée "chez elle". "Je suis vraiment très heureuse d’avoir pu contrôler toutes mes émotions et jouer mon meilleur tennis, a-t-elle déclaré à la WTA. C’est vraiment bien de pouvoir jouer à la maison. Remporter ce trophée ici, ça représente beaucoup et me rappellera toujours de supers souvenirs".

Elle est ainsi devenue la troisième joueuse seulement à atteindre les finales à Melbourne, Indian Wells et Miami la même année, après Steffi Graf en 1994 et Martina Hingis en 2000. "En me préparant pour ce match, je me suis dit que je devais rester concentrée, quoi qu’il arrive. Si elle me breakait, je devais rester dans le match, me concentrer sur moi-même et me battre sur chaque point dans tous les cas, a ajouté celle qui n’avait encore jamais décroché un titre lors du "Sunshine Double". Je n’avais pas très envie de perdre une nouvelle finale pour être honnête. C’est très difficile de perdre en finale".
Elle qui n’avait pas encore remporté de titre dans cette catégorie en 2025 ouvre enfin son compteur et porte à huit son nombre de trophées en WTA 1000 – comme une certaine Maria Sharapova. C’est aussi le 19e titre en carrière d’Aryna Sabalenka : 17 d’entre eux ont été glané sur sa fameuse surface de prédilection, dont trois Grand Chelem (Open d’Australie 2023 et 2024 et US Open 2024).